9 février 2025

Livres fondateurs – 1/3

L'atelier s'est construit au fil des années à travers de nombreux ouvrages. C'est même toute une vie souvent qui se tisse au gré des lectures et des textes qui nous marquent. 

Designer et fondatrice de Studio Ler
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L’atelier s’est construit au fil des années à travers de nombreux ouvrages. C’est même toute une vie souvent qui se tisse au gré des lectures et des textes qui nous marquent. Cet édito me tient particulièrement à cœur car des œuvres littéraires peut-être méconnues, des éditions parfois assez rares qui restent cachées dans ma bibliothèque ou encore des récits très populaires peuvent ainsi être (re)découverts. Bonne lecture !

Archigram, Archigram, 1972 (réédition de 1999). 

J’avais fait des pieds et des mains pour acquérir cette réédition de 1999. Publié à l’origine en 1972, ce livre m’a profondément marquée. Archigram. Pour moi, un collectif avant-gardiste incroyable, tant sur le plan architectural qu’esthétique. Une analyse visionnaire de la culture populaire des années 70, et même au-delà. Ils ont grandement contribué à l’esthétique projetée d’une science-fiction du quotidien, parfois idéalisée, parfois dystopique.

On y retrouve des collages mêlant dessins, graphismes, et plans de micro-architectures. Mais surtout, ces perspectives axonométriques incroyablement détaillées, parfois inquiétantes, mais toujours fascinantes, qui nous donnaient envie de faire un saut dans le futur.

No-Stop City, Andrea Branzi, 2006.

Dans la lignée d’Archigram et de ses micro-architectures – ou au contraire super-architectures, étudiées avec précision par Dominique Rouillard dans Superarchitecture, le futur de l’architecture 1950-1970 – se trouve No-Stop City.

Ce livre offre une réflexion poussée sur la société de consommation, et même de surconsommation, avec des projets radicaux interrogeant les limites d’un quotidien où tout serait mécanisé. On se retrouve projeté dans un univers de pièces identiques, nourri de façon mécanique, habitant des boîtes identiques, dans des quartiers identiques… Une ville quadrillée, calculée selon le minimum vital par être humain.

Archizoom, avec Andrea Branzi, a toujours abordé ces questions d’urbanisme, de logement, et de la place de l’homme avec une grande finesse. Les images qui en résultent, géométriques et répétitives, restent une source d’inspiration majeure ici à l’atelier.

How to Care for Japanese Kitchen Utensils, Akiko Hino, 2014.

Parmi nos plus récents ouvrages, celui-ci est à la fois un souvenir précieux de la Japanese House de Londres et un bel objet en soi. Une véritable apologie de l’ustensile : de son usage, de sa fonction, et de la manière dont il faut chérir ces petits objets du quotidien. La façon dont ils traversent le temps et s’usent est tout aussi importante que l’objet lui-même, et un hommage aux artisans qui les ont façonnés.

Ubik, Philip K. Dick, 1970.

Vous voyez ce genre de livre qui marque nos vies, mais dont on peine parfois à se rappeler le contenu exact ? Ubik en fait partie.

Mon souvenir remonte à mes quatre années passées aux Beaux-Arts d’Angers. Dans le cadre de mon projet personnel, j’avais décrypté tous les débuts de chapitre : ces petits encarts publicitaires vantant les mérites de tel ou tel produit, « si celui-ci est utilisé conformément au mode d’emploi ». À ces courts paragraphes, j’associais des interprétations visuelles, imaginant ce que pourrait être l’objet décrit.

The IKEA Way: Communication & Interior Design, 2012.

Eh oui, le géant de l’ameublement, qui fut mon employeur pendant six années, a joué un rôle majeur dans ma vision des choses. J’y ai appris de nombreuses techniques de travail, d’organisation, et de merchandising, mais aussi à mieux définir ce qui ne me correspondait pas.

Quoi qu’il en soit, IKEA possède une force de frappe incroyable et des outils pédagogiques très riches pour ses employés. Voici un exemple de guide donné lors de séminaires ou formations. Une véritable mine d’or en termes de marketing et de stratégie de marque… mais aussi un catalogue de directives que nous nous plaisons parfois à ne pas appliquer ici, au Studio Ler !

2001 : L’Odyssée de l’Espace, Arthur C. Clarke, 1968.

Un « petit » dernier, mais non des moindres. Cette anthologie de la science-fiction occupe une place de choix dans notre bibliothèque. Naturellement accompagnée de son adaptation cinématographique tout aussi anthologique, signée Stanley Kubrick.

Le monolithe… Cette forme noire qui traverse mes discours comme un fil conducteur dans tous les projets dont j’ai été à l’initiative. Finalement, le monolithe n’est-il pas le sujet central sur lequel j’ai choisi de travailler ? Cela mériterait peut-être un travail introspectif, mais pas ici, pas maintenant.

Quoi qu’il en soit, l’atelier est constellé de ces monolithes de lave. Des blocs noirs, presque néolithiques, auxquels nous donnons une forme et des couleurs. À l’atelier, ils prennent vie, s’extrayant de leur condition originelle de roche inerte pour devenir des objets d’art.

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